Liszt, destin d’une vie le 10 mars 2015

Liszt, destin d’une vie

Soirée donnée par le Club ALLEGRO MOLTO le 10 Mars 2015

jean au piano

C’est dans le cadre privé du club musical et culturel « Allegro Molto » présidé par Guy-Aimé Patard, professeur de littérature comparée, que s’est joué « Liszt, destin d’une vie ».

Une représentation proposant une évocation déclamée de la vie du compositeur illustrée d’un programme pianistique interprété par le virtuose Jean Dubé. Sur un texte biographique adapté par Jean-Charles Goldstuck et Daniel Guillaume retraçant la vie de cet illustre personnage d’exception.

A la fois compositeur, pianiste virtuose et transcripteur austro-hongrois, Franz Liszt a marqué l’histoire de la musique. Ses passions amoureuses et sa quête spirituelle lui donnent une dimension hors du commun.

Son œuvre, aussi féconde que diverse, a largement inspiré plusieurs courants majeurs de la musique moderne. C’est le comédien, réalisateur et scénariste Daniel Guillaume qui porte ce soir la voix du maître, incarnant dans l’émotion cet artiste hyper-sensible et d’une subtile intelligence qui côtoya Chopin, Georges Sand, Musset, Hugo, Wagner, Berlioz, Strauss, les princes, les rois et le pape.

Dans le cadre d’un somptueux salon privé du 8ème arrondissement, à l’heure où les premières couleurs nocturnes viennent épouser la chaleur du velours tapissé et des boiseries ornées que s’installe le public, et déjà sur le parquet lustré se dansent les pas du placement libre.

20 heures. Sonne une note, invitant l’assemblée au silence parmi laquelle entrent en scène le duo d’interprètes. Daniel Guillaume introduit la déclame là où le grand Jean Dubé se poste aux mânes d’un magnifique Steinway dans une rotonde architecturale intimiste et résonnante.
Les confessions sont conjuguées à la première personne ; Daniel Guillaume interprète fabuleusement la parole de Liszt nous rapportant aussi bien avec tendresse ses souvenirs d’enfance autrichiens, que passionnellement son ascendance artistique avec des maitres comme Beethoven. Emporté dans les pleins et les déliés de sa jeunesse et de ses premières amours, la narration est captivante et habitée.

Ponctuellement, l’orateur s’éclipse et nous laisse face à l’illustration musicale de ses dires : un Jean Dubé époustouflant de talent qui reprend les classiques du compositeur. Il fait promener ses doigts sur le chemin des octaves, l’arpège au bout des phalanges, l’iris dilaté par le démon créatif du maître, nous laissant les prunelles envoûtées et l’ouïe caressée des consonances jouissives.

Puis, successivement, l’orateur de revenir poursuivre l’histoire du destin de Liszt ; Sa descendance aux bras de Wagner, la fulgurance de sa carrière, jusqu’à son entrée dans les ordres de l’Eglise Catholique … incarné par un Daniel Guillaume formidable de fidélité et dominant du regard, déployant les palabres comme murmurant l’être, laissant nos regards cois d’attention ;

A cet instant le temps s’était figé ; les notes et les mots résonnaient à l’unisson, harmonisant les corps et les âmes.

Il fut dit que la représentation dura une heure quinze. Mais lorsque le temps de l’apparition de l’artiste fut écoulé dans le flot consonant des arpèges et à la cadence de précieuses connivences, il nous parut que le temps était comme suspendu, et que l’auditoire exprimait une envie d’encore …

Confidences intimes d’un moment prodigieux où s’est partagé grandeur et culture, animés d’illustres interprètes au talent égal à leur maître, peu à peu se sont étiolées le long des ruées de nuit les minutes voleuses autour d’un fastueux buffet, emportant l’unique et le mémorable de cette soirée qui demeurera inoubliable.

photo : Carole Louvet


 

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